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30/03/2009

Oxmo, l'Arme de Paix

Oxmo Puccino, l'homme à la voix de miel et aux textes métaphoriques, revient avec un album à l'ancienne qui défraie la chronique: L'Arme de Paix. Un retour aux sources pour le Malien de 35 ans. Pas un album de daron mais bien un classique dans la veine d'Opéra Puccino. A écouter sans modération.


"Ox, t'as trouvé plus de joie dans la tristesse que moi dans la joie". C'est encore le cas dans l'Arme de Paix. Aboulaye Diarra, aka Oxmo Puccino, livre un opus de haut niveau où l'émotion côtoie la légèreté du black mafioso. Des chansons courtes pour un album rythmé qui donne envie de l'écouter en boucle. Décryptage des titres les plus marquants.


365 jours d'abord. Sans hésiter, LE titre qu'il faut retenir. Sur un fond de battement d'horloge, la mélodie déploie sa nostalgie. La nostalgie du temps qui passe, la mélancolie du temps où le rap avait du contenu et des messages. Oxmo signe sa chanson la plus délicieusement triste depuis J'ai mal au mic ("un texte pour suicidaire averti"). Un texte imagé sur le temps qui passe et les réflexions de chacun face à l'inexorable avancée vers la mort. Tout ça amplifié par des violons à mourir de pleurer. C'est pour ce genre de sons que j'écoute du rap.

Tirer des traits. Plus léger musicalement mais aussi profond textuellement. Encore une variation sur le temps, la jeunesse et les sacrifices de ceux qui n'ont pas les moyens d'accéder à ce qui nous fait tous envie.

Soleil du nord. Dérive sur le thème des quartiers où les bâtiments cachent le soleil. Un sujet déjà traité par mille autres mais Oxmo pose un texte rebondissant et loin du misérabilisme habituel. On le sait, la force d'Oxmo est d'aller plus loin que l'horizon. Il raconte comme personne la vie des jeunes qui pensent que "les usines font les nuages" et des cités où les gens "vivent à mille au mètre carré". La solitude, les frustrations, l'envie d'ailleurs allié à la poésie du maître: un bijou.

Véridique. Un beat qui fait bouger la tête d'avant en arrière. Un poème social allégé par une guitare bien grattée.

L'Arme de paix. Son militaire, xylophone exotique, texte à couper au couteau. En featuring avec K'Naan qui ajoute une touche de sensibilité plus R'N'B que rap mais pas désagréable du tout dans cette production en forme d'hymne à la paix. L'orchestration est le point fort de ce titre et de l'album en général.

Sur la route d'Amsterdam. Un texte qui justifie une fois de plus le surnom de "Black Jacques Brel" d'Oxmo Puccino. Une ballade avec Olivia Ruiz pour ajouter à l'attrait de ce titre. La prose de Brel, une musique de troubadours, la profondeur d'Ox et la joie de vivre de Ruiz. Ca change des textes et sons sans intérêt des Franco-Ricains qui cartonnent aujourd'hui.

Masterciel. Public Enemy aurait pu faire la bande son de ce titre si Flav et Chuck avaient été accompagnés d'une formation jazzy. Une puissance issue du début des 90's. Encore un voyage dans les cieux et l'ego d'Oxmo Puccino.

L'un de nous deux. Un ring, deux adversaires, un combat en guise d'outro. Dédié à ceux qui luttent pour survivre. Une vraie histoire comme Ox les aime. Et nous aussi.

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